Le sentiment d’impuissance du thérapeute dans le champ thérapeutique à l’occasion d’un « ça n’avance pas »…
Je vous partage mon écrit de fin de 3ème cycle, à l’École Parisienne de Gestalt (EPG), juin 2025. Une réflexion autour du sentiment d’impuissance parfois rencontré en cours de séance. C’est la lecture que j’en fait. C’est la mienne et j’imagine que d’autres thérapeutes auraient vécu le contexte autrement…
« Nous nous plaignons de souffrir d’un sentiment d’impuissance lorsque nos fantasmes de toute-puissance se heurtent à la réalité ».
Laurence Bounon
Introduction
Je viens de raccompagner Jacques. La porte à peine refermée, je reste seul dans l’entrée avec un goût d’inachevé. Cela fait plusieurs séances que sa présence remue quelque chose en moi : une sensation d’insuffisance où je me sens petit, incomplet, presque amputé, comme si je n’étais pas à la hauteur.
Rapidement, une figure d’impuissance apparait à mon esprit. Que vient-elle faire ici ? Je me questionne, j’attrape aussitôt le dictionnaire et lis : « manque de puissance, inefficacité, faiblesse, incapacité à agir ».
Voilà. L’impuissance, c’est être dans l’impossibilité d’accomplir ce pour quoi l’on se sent appelé. Et cette question me transperce : qui suis-je pour accompagner Jacques en thérapie ?
Jacques, dont j’ai pris soin de modifier le prénom, je l’accompagne depuis près de 18 mois, à raison d’une séance par semaine. À travers lui, c’est un sentiment profond d’impuissance qui s’est invité dans notre relation. Il me chahute suffisamment au point d’interroger mon savoir, mon engagement, mon être thérapeute en devenir. Et si, comme le disait Winnicott, je n’étais « pas suffisamment bon » pour lui ?
Cette figure d’impuissance, plutôt que de me freiner, devient le point d’entrée d’une exploration. Je choisis donc de m’appuyer sur le « Ça n’avance pas » répété par Jacques pour creuser ce que ce vécu me raconte, enquêter et rédiger mon écrit de fin de parcours à l’EPG. En effet, au lieu de fuir cet inconfort, je décide de le regarder en face. Qu’est-ce que Jacques vient me révéler ?
Fébrile et curieux, devant mon écran, je m’engage sur un terrain rarement abordé en supervision, souvent tabou. Celui où le thérapeute se dit impuissant.
Je sens monter en moi du stress. Je suis crispé, le visage tendu, mes doigts agités cherchent à se poser. Vais-je parvenir à tenir cet engagement d’écriture ? Vais-je réussir à écrire une introduction, un développement et une conclusion, dans une forme académique ? Parviendrais-je à intégrer de la théorie à ma pratique, à être compréhensible, à être à la hauteur ? Arriverais-je à le rendre lisible d’autant qu’aux dires de mon géniteur, je ne sais pas écrire…
Après vous avoir présenté Jacques dans un premier temps, j’explore, je questionne la présence de ce sentiment d’impuissance dans le champ de la thérapie, j’observe combien ce sentiment vient faire résonance. Et pour finir, j’explique comment je m’en saisis, ce que j’en fais dans l’accompagnement proposé à Jacques.
I – Portrait clinique de Jacques
Un matin d’avril 2022, je prends l’appel d’un numéro inconnu. Jacques est au bout du fil. Après m’avoir trouvé sur Internet, il me demande de bien vouloir le recevoir au plus vite. Il vient d’annoncer à sa femme qu’il entretient une liaison depuis plusieurs mois avec Louise, une collègue de travail. Il me partage son besoin de parler. Je l’écoute attentivement, je prends des notes et j’entends à sa voix une forme d’urgence, il parle vite et le tout jeune thérapeute que je suis, par crainte de le perdre, lui propose de venir le soir même. En effet, je me dis que si je ne réponds pas à son urgence, il risque de s’adresser à un autre thérapeute. Nous sommes si nombreux à Paris… Par manque de sécurité intérieure, je projette de l’insécurité autour de moi…
Avec du recul, aujourd’hui, je perçois mieux ce qui se met en jeu dans le champ de la relation avec Jacques. Nous entrons ensemble, de façon non consciente, dans un dilemme de contact, où viennent conjointement résonner nos gestalts inachevées. Sa blessure dans son expérience de vie originelle vient agiter la mienne. Dans son urgence à vouloir me voir au plus vite, je peux questionner comment il organise le champ pour ne pas être aidé et comment moi je m’organise à répondre à sa demande par peur d’être insuffisant, pas à la hauteur.
Depuis cet évènement, je ne prends plus d’appel en direct, je laisse les personnes me laisser un message. Je les rappelle dans le calme, quelques heures après avoir écouté leur demande.
Le soir même, Jacques arrive au cabinet, dans un calme olympien, aux gestes précis, sans aucun signe d’affolement, ce qui contraste avec la précipitation qu’il a montrée au téléphone, le matin même. Il se dit soulagé d’avoir partagé la vérité à son épouse.
Sa chemise fermée est impeccablement repassée. Son pantalon, taillé au couteau, laisse apparaître des chaussettes assorties aux couleurs sombres du blouson. Il a l’odeur de quelqu’un qui sort de la douche. Aux mains de pianiste, son annulaire gauche est enlacé d’une alliance discrète. Si discrète que je peux à peine la voir. Une alliance qu’il gardera tout au long de la thérapie. Installé à l’extrémité du canapé, il occupe peu l’espace. Son corps n’investit pas le lieu, je perçois une énergie basse dans sa manière de se mouvoir. Je n’observe chez cet homme aucune émotion apparente. Il offre un regard de champion au « mental de sportif », franc, précis et tranquille. Il me partage son soulagement d’être face à moi. Je suis ravi de faire sa connaissance et très rapidement, j’éprouve de la sympathie pour cet homme. Je suis à l’aise à ses côtés et notre alliance thérapeutique ne tarde pas à s’inviter au cabinet. Assez vite, je découvre un grand homme, aux valeurs proches des miennes, doté d’un capital sympathie indéniable.
Jacques ne manque jamais une séance, il arrive et part toujours à l’heure. Il ne déborde jamais du cadre.
Jacques, 58 ans, ancien champion du monde et médaillé olympique en gymnastique au sol, est marié à Lise depuis plus de 35 ans. Très jeune, il montre les atouts majeurs d’un grand champion. Peu passionné par la gymnastique, ce sont ses parents qui décident pour lui. Et ils l’inscrivent dans un centre d’entraînement pour futurs champions. Il quitte ainsi, l’âme en peine, le domicile familial à 11 ans.
Il n’a jamais suivi de thérapie et m’indique vouloir être soutenu dans cette traversée.
II – Quand émerge le sentiment d’impuissance et qu’il fait résonance…
Lors des premières séances, Jacques ne me partage pas son projet à venir, à savoir, de poursuivre avec Lise son épouse, de rejoindre Louise, son amante ou même de poursuivre son histoire de vie, seul. Il parle beaucoup de Lise, son épouse.
Elle vit mal l’annonce et son état psychologique se dégrade jour après jour. Sur les conseils du médecin de famille, elle démarre une thérapie, accompagnée d’une prise en charge médicamenteuse. Jacques aime beaucoup sa femme, il s’en veut de l’avoir mise dans cet état et se montre inquiet. Perclus de culpabilité, Jacques fait le choix de rester à ses côtés. Il parle beaucoup de son couple. Je l’écoute et je remarque assez vite son incapacité à se nommer, à se dévoiler, je ne vois pas l’homme qu’il est. En résonnance, je suis touché de le voir ainsi dans sa difficulté à se différencier et je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces années de thérapie qu’il m’a fallu pour m’autoriser à apparaitre dans ma singularité trop longtemps chahutée, moquée et tant montrée du doigt.
À l’évocation de Lise, il dit « on » « nous ». Le « je » est absent de son vocabulaire. Je pourrais percevoir un manque d’autonomie dans son couple à tendance confluente et me demande dans quelle mesure, cette confluence pourrait s’inviter au cabinet. Utile en début de thérapie, la confluence pourrait me mettre en alerte. En effet, je crains d’être absorbé par l’autre au point de me perdre, de m’oublier.
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Lors de la première séance, au moment de présenter le cadre, je propose toujours à mes clients, en cas d’imprévu ou de retard, de faire la séance en visio ou au téléphone afin de leur épargner du stress.
Ce 8 septembre 2022, Jacques ne peut venir au cabinet. Je lui propose une séance par téléphone – une modalité que je préfère nettement à la visio, car elle me permet une écoute plus incarnée, sans être happé par l’image.
Dès les premières minutes, il me lance, pour la énième fois : « Ça n’avance pas ».
Il démarre régulièrement les séances en me partageant sa sensation de ne pas avancer. Mais ce jour-là, cette phrase résonne en moi différemment. Elle me traverse, elle m’agite, au point de me sentir responsable de sa situation. Elle s’agrippe à moi. Dans son ton et sa manière de me l’exprimer, je peux sentir une forme de déception. Je me sens comme cet ado qui rentre de l’école avec un 12 en maths alors qu’on attend de lui un 16. Cet ado se pense décevant, comme je me sens décevant. Me vivre décevant en tant que thérapeute me met dans une forme d’instabilité et d’impuissance.
Aussitôt, quelque chose dans le champ de la situation me pousse à me saisir de cette figure d’impuissance qui se présente à moi.
Je lui partage mon ressenti : « En vous écoutant, je pourrais être dans une impuissance, je me demande à qui appartient-elle ? S’agit-il de la mienne, de la vôtre ou de notre relation thérapeutique ? ».
À la frontière-contact, une figure d’impuissance émerge à notre rencontre. Elle se présente comme un « Ça » qui cherche à se dire. Je fais le choix de m’en saisir. Dans une perspective de champ, nous parlons ainsi du « Ça de la situation ».
« Dans une situation, émerge quelque chose de l’ordre du Ça, qui n’est ni de l’un, ni de l’autre, mais du « Ça de la situation » (Masquelier-Savatier, 2008, p. 116). Ça pousse… Ça cherche à se dire et c’est bien à l’occasion de Jacques que « Ça arrive ».
À peine mon questionnement partagé, Jacques marque un temps d’arrêt et répond : « Non, ça ne me dit rien… ».
Sa réponse est claire. J’interprète qu’il ne peut pas prendre sa part dans toute forme d’impuissance, il lui est impossible d’en entendre parler et encore moins de la questionner. Il ne peut, ou ne veut, s’y relier. Et là, je vacille. Son « Ça n’avance pas » m’agite de l’intérieur au point d’en perdre mon équilibre. En pleine conscience, je suis envahi d’une forme d’intranquillité qui me fait vivre un sentiment d’impuissance, au point même de me sentir moins disponible à lui.
« Lorsque nous avons conscience de ce que nous ressentons, nous laissons librement se déployer notre éprouvé » (Masquelier-Savatier, 2008, p. 197). Mais alors comment être thérapeute alors que je me sens impuissant ? Suis-je encore au service de Jacques ? Je me dois d’être à la hauteur, dans ma puissance mais certainement pas dans mon impuissance. Cette sensation d’impuissance me vide de tout mon corps. Je me sens comme un bonhomme de neige qui fond au soleil perdant forme, substance, repères. Cela m’est insupportable, je m’éloigne de lui, je perds le contact, j’étouffe, je manque d’air, de lumière, il me faut vite sortir de cette impasse. Puis-je rester là, sans rien faire, sans agir ?
Ce jour-là, nous sommes au cœur du dilemme de contact. Il y a dilemme de contact dès les premiers mois d’existence de l’enfant où l’attachement évolue dans une forme de pathologie, où de l’indispensable pour sa survie rencontre de l’intolérable et devient ainsi non assimilable. Cette expérience d’assimilation contrariée, sous forme d’introject s’inscrit dans de l’inachevé. On parle ainsi de gestalts inachevées qui, dans sa vie d’adulte, vont perturber sa relation à l’autre. Il est un espace relationnel où les blessures de Jacques apparaissent et viennent agiter les miennes. Nos gestalts inachevées respectives où l’indispensable et l’intolérable de chacun de nous entrent en conflit dans un « je crains ce que je désire ». Mon insupportable rencontre celui de Jacques. Il vient le projeter sur moi, sous forme d’une identification projective (IP). C’est comme s’il me fait porter son vêtement. Bonne pâte humaine que je suis, je me laisse configurer. S’active en moi un sentiment d’impuissance archaïque, celui de ne pas être à la hauteur aux yeux de mon géniteur. L’intolérable de Jacques vient s’accrocher au mien. Comme l’indique Catherine Bolgert dans son article L’identification projective (2003) : « Le champ intériorisé est structuré par les situations inachevées, sous forme de micro-champs introjectés qui ne sont pas conscients mais activés lors de l’expérience. Une partie de soi clivée est projetée et déposée dans l’autre à son insu » (Bolgert, 2003, p. 147).
Plus précisément, ne vient-il pas déposer chez moi un mouvement de honte qu’il ne peut réguler seul ou qui serait intolérable pour lui ? Dans un tel sentiment de honte, la personne se contient, se retient, s’empêche d’apparaître avant de vouloir disparaître pour ne plus être vue ! Comme l’indique Jean-Marie Robine dans son ouvrage S’apparaître à l’occasion de l’autre (2004) : « Chaque fois que je suis dans une situation qui me fait ressentir que je ferais mieux d’être autrement que je ne suis pas, je suis en situation de honte » (Robine, 2004, p. 33). Me vient ce questionnement : comment un ancien champion olympique peut-il éventuellement supporter de ne pas avancer ?
En résonance, ma propre honte est activée sous forme d’une identification introjective (II). Ainsi, j’observe à cette occasion l’intrication IP/II dont parle Catherine Bolgert. « L’identification projective de l’un n’existe pas sans l’identification introjective de l’autre » (Bolgert, 2003, p. 147).
Agité après cette séance, par crainte de perdre la main et de ne pas être à la hauteur, je pars en supervision déposer ce paquet lourd et encombrant, une occasion d’y voir plus un peu plus clair. C’est en questionnant auprès de mes pairs ce sentiment d’impuissance qu’est remonté à la surface ce souvenir d’enfance…
… J’ai à peine 7 ans. Nous sommes un dimanche. Plus précisément, le dimanche 10 avril 1977. Il pleut à verse. Ce jour-là, Jacques Martin reçoit la grande Dalida. Collé devant l’écran noir et blanc du téléviseur familial, je suis émerveillé devant une telle féminité. Un féminin qui vient agiter le mien dans ce corps de petit homme que j’occupe avec bien difficulté… Mon père, ne comprenant rien à ce qui se passe, interrompt aussitôt le spectacle d’un « c’est quoi cette merde… »
Seul devant tant d’incompréhension, je ne me sens pas à la hauteur ! Je me vis insuffisant, voire impuissant face à tant d’attentes que je ne pourrai jamais honorer ; être un jeune homme aux allures prometteuses d’un futur mâle alpha hétérosexuel !
Je suis tout autre. Je suis Thierry, impuissant devant un tel désordre intérieur.
Ce dimanche imprimera à tout jamais ma différence…
Grand, au physique avantageux, à l’allure athlétique et sportive, Jacques vient raviver un pan de mon histoire. Dans une forme contre-transférentielle, j’associe son masculin débordant à celui de mon géniteur, Jacques étant le portrait craché du masculin sportif et viril de celui-ci.
À l’occasion de Jacques, je soigne une gestalt inachevée. En effet, en restant en thérapie, Jacques me permet de me vivre enfin suffisant. Il me fait ce cadeau de me sentir à la hauteur…
Les mots de Ginger (1988) me reviennent en mémoire : « Attentif à ce qu’il ressent personnellement dans l’instant, face à son client, et n’hésitant pas à partager délibérément une partie de ce ressenti avec lui » (Ginger, 1988, p. 243). Sous forme de dévoilement, je partage mon éprouvé à mon client. Mais ai-je partagé trop tôt ? Mon dévoilement était-il prématuré ? Finalement, je fais cette expérience qu’il est vain de partager mon éprouvé avec précipitation sans m’assurer de la sécurité du contact, de prendre le temps de mesurer la pertinence d’un tel partage et de la disponibilité du client.
À sa réponse « Non, ça ne me dit rien… », je me rends bien compte d’avoir nommé trop tôt mon éprouvé et surtout que cette phrase ne fait pas sens pour lui. Il ne peut pas assimiler cette nouveauté, à savoir interroger son impuissance. Il se maintient possiblement dans un ajustement conservateur, s’empêchant ainsi toute forme de croissance. Dans sa manière de répondre à ma proposition, il contient son énergie et s’empêche d’aller à la rencontre de l’environnement.
À sa manière, et comme le précise Fritz Perls dans The Gestalt Approach and Eye Witness to Therapy (1973) : « Il esquive la responsabilité de sa propre conduite. En abdiquant sa responsabilité, il renonce à sa capacité de réagir et à sa liberté de choix » (Perls, 1973, p. 88).
La question que je peux donc me poser, au sujet du dévoilement, est : comment et quoi dire pour qu’il soit et reste au service de la relation thérapeutique ? Partagé à un autre moment, peut-être que cela lui aurait permis de se sentir rejoint, soutenu et disposé à l’accueillir plus aisément, à s’ouvrir au changement et à l’inconnu, dans un ajustement créateur.
Et avec du recul, ma phrase était bien trop complexe pour que Jacques puisse s’en saisir. En la formulant de manière aussi alambiquée, n’indiquais-je pas finalement mon impuissance à me dévoiler ? À me montrer devant lui, imparfait, insuffisant et faillible. M’avouer vaincu, en somme. À cet instant, je m’interdis de lui offrir mon humanité dans toute sa vulnérabilité.
Une phrase plus ajustée aurait été : « À vous écouter, je me sens impuissant. Qu’est-ce que ça vous fait que je vous partage cela ? »
En l’écrivant ainsi, cette phrase résonne différemment, je me sens plus ajusté à lui dans ce dévoilement. Je parle de moi dans le soin de ne pas bousculer l’autre. D’autant que, pour l’avoir expérimenté depuis, le dévoilement du thérapeute finement partagé aide le client à se dévoiler et non l’inverse.
Je perçois également qu’il est important de prendre le temps d’explorer plus finement son propre éprouvé. « Nous laissons se déployer cette figure, sans hâte à répartir ce qui serait de toi, ce qui serait de moi dans cet évènement qui surgit là, entre nous, aujourd’hui » (Masquelier-Savetier, 2008, p. 197).
Je note également les limites de l’échange téléphonique. J’ai perdu à cette occasion une forme de contact difficilement récupérable. En présentiel ou même en visio, j’aurais pu le chercher du regard, lui permettant peut-être de se sentir un peu plus en sécurité et moi aussi par la même occasion.
Et s’il me suffit de ne rien dire, d’être là par la présence, dans une disponibilité phénoménologique ? Au lieu de vouloir à tout prix « faire quelque chose » du phénomène qui se présente à moi, il suffit de me taire, d’être là, de porter mon attention à ce qui est, de m’appuyer en toute confiance sur ma posture phénoménologique et de rejoindre mon client là où il est. Faire ainsi chair avec lui.
Le jeune thérapeute que je suis ne mesure pas la puissance de sa présence alors qu’il me suffit d’être là, face à mon client, dans une disponibilité absolue. « Offert » à ce qui s’invite à l’occasion de notre rencontre dans un « Ici et maintenant » et de me laisser vibrer.
Je pense à Jacques Blaise dans Ne plus savoir (2017) : « La seule chose qui pourra aider le patient, c’est la présence du thérapeute, sa présence à la fois proche et discrète, sa façon d’être à la fois touché et tranquille » (Blaise, 2017, p. 54).
Aussi, je fais l’expérience de si je vais là où mon client n’est pas, je crée du difficile, de l’impuissance. Trop insupportable d’approcher toute angoisse, ne tenterait-il pas finalement de me faire porter la responsabilité de son « non-agir » ? Avec son « Ça n’avance pas » je pourrais entendre « C’est de votre faute, Thierry. Vous devez me sortir de là, m’aider à choisir. Je vous paye pour avancer ! ». Il lui est difficile d’imaginer qu’il est responsable de son existence, qu’il a la liberté de choisir entre avancer ou de ne pas avancer. Etant source d’angoisse, il évite d’avoir à choisir.
« Si je choisis, je puis me tromper, et si je me trompe, je supporte la responsabilité de m’être trompé dans mes choix, chose très angoissante » (Salathé, 2005, p. 54).
Je me rends compte de la façon dont je cherche à responsabiliser à ce moment-là mon client. « Il n’y pas d’urgence à responsabiliser la personne » (Masquelier-Savatier, 2008, p. 89). Hors, avec Jacques, je m’éloigne de la démarche phénoménologique, à savoir être disponible et accueillir ce qui émerge.
J’aurai pu l’écouter encore et encore, en toute tranquillité et avec curiosité sur son « Ça n’avance pas », au lieu de me saisir, dans le champ situationnel, de cette figure d’impuissance pour soulager ma propre angoisse d’impuissance et d’imperfection. En effet, à l’occasion de son « Ça n’avance pas », je me suis vécu comme inutile, comme insuffisant. Il me révèle dans mon incomplétude. « Je ne suis pas parfait, je ne suis pas tout-puissant, je ne peux pas faire tout et n’importe quoi, je suis même extrêmement limité » (Salathé, 2005, p. 55).
Et si, finalement, nos contraintes existentielles se rencontrent-elles à l’occasion de son « Ça n’avance pas » ? En effet, ne pouvant pas se saisir de sa responsabilité, trop vertigineuse pour lui à regarder, ne vient-il pas avec son « Ça n’avance pas » bousculer mon angoisse d’imperfection, source d’inquiétude en tant que jeune thérapeute ? Toujours dans une intrication IP/II, ne cherchons-nous pas à déposer chez l’un et chez l’autre ce qui nous est insupportable à regarder ?
Le voir dans sa difficulté à choisir entre son épouse et son amante, n’agite-t-il pas, pour ne pas dire agacer, mon incapacité à moi de quitter définitivement Paris, pour la nature et ses animaux ? Ne vient-il pas chatouiller mon « Ça n’avance pas » à moi ?
Ainsi, je peux me questionner quant à ma disponibilité à écouter sa difficulté de choisir alors que la mienne peut m’irriter…Indépendamment de l’inconfort dans lequel je suis avec ce sentiment d’impuissance, j’ai pour idée de lui partager ce que je vis à l’occasion de notre rencontre pour ne pas rester pollué par cette contrainte existentielle d’impuissance, au risque de perdre en qualité de présence et d’écoute.
Pour que cette impuissance m’apparaisse, je me demande à présent si, au moment où j’accompagne Jacques, j’ai un projet pour lui. Le projet qu’il avance, qu’il se décide, qu’il prenne une décision ? Qu’il se sorte de l’impasse dans laquelle il se trouve ?
Je m’éloigne de ma posture d’accompagnant à vouloir le sortir de cet inconfort. Mon rôle est bien d’accompagner le changement et non de sauver le client. « Plus je cherche à faire changer mon client, moins il change. Et quand je ne cherche plus à le changer, il change. Chercher à changer mon client nous met dans une optique de performance » (Francesetti, 2016).
Avoir une intention me met dans une forme d’anxiété et me fait passer à côté de la rencontre avec le client, là où il est. Je ne suis plus dans la rencontre. Avoir une quelconque forme d’intention me met dans la polarité inverse, dans la toute-puissance. J’entretiens ainsi l’introjection « Nous savons ce qui est bon pour toi » initiée par ses parents à l’occasion de son entrée au centre de formation pour champions. Avoir un projet pour mon client et vouloir l’emmener dans un ailleurs alors qu’il suffit de rester là où il se vit à mon contact. « Le non-projet nous maintient dans l’espace-temps du présent, le projet nous en sort et risque de nous mettre dans une position dualiste de pouvoir » (Masquelier & Masquelier, 2012, p. 119). Dans le champ situationnel, « Le savoir sécrète une position d’arrogance, et génère ou active l’humiliation de l’autre » (Robine, 2004, p. 78). Pour éviter cela, je dois m’appuyer avant tout sur ma compétence, ma spécificité d’être au monde. Le savoir me met en position haute, dominante. Dans notre relation intersubjective, me mettre en position de « sachant » empêche le moindre dévoilement. Je me dois d’accueillir Jacques tel qu’il est, suspendre toute intention à son égard et rester disponible à ce qui se présente à nous. Ne pas savoir, ne rien dire, laisser advenir. Être présent à soi pour être présent à l’autre, de la même manière que si je le rencontre pour la première fois.
Je fais ici le parallèle avec mon parcours de comédien sur scène. Entre 2003 et 2016, lorsque je suis sur scène, chaque soir est différent et unique. Je me dois de rester présent dans un « Ici et maintenant » à mon public afin que la rencontre puisse se vivre pleinement. J’y parviens certains soirs et d’autres un peu moins. Les soirs de succès ne sont rien d’autre que du plein contact après un pré-contact en toute conscience, établi peu avant, en coulisses ! Pour ne faire qu’un, derrière le rideau, je hume la salle, les yeux fermés !
Finalement, si je dois avoir un projet pour Jacques et un seul, ce serait celui de l’aider à regarder ce qui l’empêche d’avancer et non celui d’avancer. « Je n’eus pas besoin de lui apprendre comment chercher, donner, aimer, chérir – je n’aurais pas su comment faire » (Yalom, 2018, p. 24). Ma posture n’est pas de l’empêcher de tomber, mais bien de regarder comment il s’organise à tomber. Je peux l’autoriser, l’inviter, lui suggérer, lui proposer, mais rien entreprendre pour lui ! « Comme le guide de montagne, il est à la disposition du client pour l’accompagner dans la course » (Ginger, 1988, p. 244). À ma manière, je m’assure de sa sécurité, mais je le laisse découvrir ce qu’il a à découvrir sur son chemin à lui. « Si je peux l’amener plus loin que là où je suis moi-même arrivé ». (Yalom, 2018, p. 154)
À la séance suivante, je me souviens avoir partagé à Jacques mon souci d’être dans le bon soin et si je suis la bonne personne pour l’accompagner. Il m’indique être satisfait de nos échanges et me partage son souhait de poursuivre notre travail engagé.
Avec du recul, j’observe que, bousculé de l’intérieur par une gestalt inachevée, qui fait peu à peu figure, je ne dois pas remettre en cause mon savoir-être. Chahuté, ne dit pas forcément insuffisant, ni même impuissant !
III – Avancer autrement grâce à l’expérimentation
Le corps. Le 12 janvier 2023 – Vignette 2 séance 30
- « Je peux vous proposer une expérience ? », dis-je en me levant. Il se lève aussitôt. « Montrez-moi comment c’est pour vous ce « Ça n’avance pas ».
- « Ben vous voyez, c’est bloqué… ».
- « C’est bloqué… Qu’est-ce qui est bloqué ? ».
- « C’est comme englué ? ».
- « C’est-à-dire ? ».
- « Ben comme je vous dis… Ça n’avance pas… ».
Je répète à plusieurs reprises et sous différentes intonations sa phrase « Ça n’avance pas… Et aussitôt après…
- « C’est quoi ce « Ça » ? ».
- « Mes jambes ! ». Après quelques secondes… « Je suis coincé avec mes jambes ».
- « Avec vos jambes, vous êtes coincé… Où sont-elles vos jambes ? ».
Il me montre du doigt ses jambes…
- « À qui appartiennent-elles ces jambes ? ».
- « Ben à moi ! » Dans un léger sourire.
- « Vous pouvez les toucher ? Seriez-vous en train de me dire que ces jambes-là, sont les vôtres ! ».
- « C’est ça, je suis coincé avec mes jambes ».
- « De quoi auraient-elles besoin pour avancer ? ».
- « De moi… ».
- « Ok… Comment vous sentez-vous ? ».
- « Perplexe… ».
- « En vous écoutant, je pourrais me sentir seul… ».
- « Ah oui ? En même temps, je suis seul dans ce marasme… ».
- « Ok, et comment vous pourriez m’inclure à vous dans ce marasme, là maintenant… ».
- « Vous êtes près de moi, sur le côté… ».
Ce jour-là, je tente une expérimentation corporelle avec lui. Je l’emmène dans un ailleurs, voir où cela peut nous mener. L’idée est de mettre du corps au service d’une forme d’agacement qui pousse en moi. Je prends, cette fois-ci, le soin de le questionner sur le « Ça » en passant par le corps pour l’éloigner de son récit. De quoi me parle-t-il ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « Ça » ? De quoi est-il constitué ? Je fais le choix de l’inviter à se saisir autrement de sa responsabilité en l’invitant à se lever et à me montrer comment s’organise son « Ça n’avance pas ». Pour éviter le moindre mouvement de honte chez Jacques, je participe avec lui à l’expérience.
M’inclure dans l’intention qu’il se sente soutenu dans ses premiers pas. Comme un enfant faisant ses premiers pas, à qui j’offre mon index au cas où… J’observe sa chair, je me laisse vivre à l’occasion de lui. Je me vis coincé comme lui. J’essaie de m’approcher au plus près de son vécu émotionnel, de son ressenti corporel.
« En lui demandant de toucher lui-même son corps pour centrer son attention et soutenir son expérience corporelle » (Kepner, 2018, p. 87). Nous observons ensemble combien il lui est difficile de se nommer. L’idée étant de l’aider à s’autoriser à dire « Je », de lui permettre de donner une forme de vitalité à sa fonction Personnalité. Une fonction très tôt prise en charge par ses parents.
L’angoisse d’apparaître au monde est trop inquiétante pour le moment, il coupe ma proposition, car la montée est trop insupportable. Mon travail est donc de l’accompagner à se laisser traverser par cette angoisse et lui permettre ainsi de la vivre pas à pas, de s’ouvrir à la nouveauté.
Aller sur le terrain du corporel me permet de voir aussi combien il fait « résistance ». Son incapacité à bouger m’indique qu’il n’est pas utile de forcer quoi que ce soit au risque de « blesser » le champion qu’il est. Ne pas forcer la résistance pour la laisser s’apparaître autrement, sous une autre forme, à un autre moment. « Faire tomber la moindre résistance serait leur faire prendre le risque d’un effondrement ou d’une angoisse si forte que leur seule issue sera d’interrompre brutalement la thérapie » (Blaize, 2017, p. 51).
J’aurais eu la curiosité de le questionner sur « Je ne peux pas avancer » ou « Je ne veux pas avancer », mais je fais le choix de la rétroflexion, pas à pas, la nouveauté est assimilable uniquement par becquées. « Le pronom « Je » est utilisé comme un antidote d’un « Ça » ou d’un « On » impersonnel et indéfini. « Il développe chez le patient le sens des responsabilités envers ses sentiments, ses pensées et ses symptômes » (Perls, 1973, p. 75).
Le travail à venir, me semble-t-il, est de l’inviter, après avoir déplié son « Ça », à le soutenir à nommer ses émotions, ses impressions corporelles, ses besoins pour enfin autoriser sa propre singularité…
L’imaginaire. Le 23 février 2023 – Vignette 3 séance 45
Ce jour-là, Jacques m’indique « se sentir coincé dans un tunnel ». Je me saisis de cette métaphore et lui propose aussitôt une nouvelle expérimentation. Incapable pour le moment de se hasarder dans la réalité, je l’invite à explorer autrement grâce à son imaginaire. En effet, l’imaginaire invite « l’aller vers » à se déployer.
Je lui propose de fermer les yeux, de poser une main sur son ventre et de se connecter à sa respiration. Pour être au plus près de lui dans cette expérience, je ferme également les yeux et je respire au rythme de ses inspirations et expirations. Puis je l’invite ensuite à s’imaginer dans ce tunnel et à prendre le temps d’observer, de sentir, d’entendre ce qui se passe autour de lui et de regarder comment il vit la situation… Il se voit dans ce tunnel avec à chaque extrémité de la lumière. Coincé dans un entre-deux, je l’invite à s’avancer vers l’une des deux extrémités lumineuses. Il se dirige rapidement vers une extrémité où il imagine sa vie avec son amante. Je lui propose d’y rester un temps et de sentir comment il vibre à l’occasion de cette éventualité. Peu après, je lui suggère de se diriger vers l’autre extrémité. Je lui laisse le temps d’observer, de sentir ce qui se passe pour lui. En s’approchant de celle-ci, il y voit sa vie avec son épouse. Je lui propose d’y rester quelques instants. Aussitôt après, je l’invite à revenir dans cet entre-deux du tunnel et de me partager ce qu’il vit… Rapidement, il me partage qu’il se sent aller vers son épouse, sans une intention réelle de lui-même, à son insu. Je le sens perplexe et déçu. Je lui propose d’accueillir, aujourd’hui, sa difficulté à choisir. Avant de le quitter, en lien avec un travail en supervision où je suis invité à ralentir et à être plus curieux quant à sa difficulté à « Aller vers », je lui suggère de réfléchir à la question suivante : « Êtes-vous bien là où vous avez envie d’être ? »
À la séance suivante, Jacques m’indique avoir été interrogé par ma question. Je l’invite aussitôt à fermer ses yeux et je lui propose de visualiser l’endroit où il aimerait tant être…
Après réflexion, dans cette même expérimentation, j’aurais pu mobiliser autrement son awareness, mettre un peu plus de conscience à cette image qu’il amène au cabinet. « Le langage de thérapeute qui sollicite chez son patient ses capacités d’auto-observation » (Masquelier & Masquelier, 2012, p. 119). En lui posant, par exemple, la question suivante : Vous me dites-vous sentir coincé dans un tunnel. Prenez le temps de sentir comment cela s’exprime dans votre corps. Observez-vous. Comment est votre respiration ? Comment sont vos jambes ? Comment vous sentez-vous dans ce tunnel ?
L’autorisation. Le 22 mars 2023 – Vignette 4 séance 50
À présent, Jacques dit être « lassé de ne pas avancer ». Il me parle de vouloir partir de Paris, de son désir de solitude, de se ressourcer à la montagne. J’écoute son discours auquel je ne prête qu’une oreille. Je me laisse sentir, je le regarde et la figure « d’autorisation » émerge. Je m’en saisis, j’attrape aussitôt mon cahier et tout en l’écoutant je décide de lui prescrire une ordonnance. J’écris et lis à voix haute « Je soussigné Thierry Bravo, praticien en gestalt-thérapie, autorise Jacques X, à prendre seul le large pour plusieurs semaines ». Je la lui donne de manière très officielle après l’avoir datée et signée. Il me lance aussitôt :
- « Votre ordonnance n’a aucune valeur ! ».
- « Elle a toute la valeur que nous voulons bien lui attribuer », lui dis-je.
Il part avec cette ordonnance sous le bras. Quelques jours plus tard, il m’écrit : il souhaite faire la prochaine séance depuis la montagne. Seul, il y restera près de deux semaines.
Ce geste symbolique, léger mais signifiant, a eu un effet concret. Il a permis un déplacement, une respiration. Finalement, après plusieurs tâtonnements, malgré ses « Ça n’avance pas », en lui fournissant une ordonnance, j’offre à Jacques une autorisation à avancer autrement. Il commence alors à s’autoriser à être, à sortir du carcan de son rôle de mari, d’ex-champion, d’homme fiable et discret. Son « Ça n’avance pas » que j’ai, dans un premier temps, entendu comme « Je n’avance pas dans telle ou telle direction » est avant tout l’expression de sa difficulté à se dire, à se saisir d’une forme d’autonomie. Son « Ça n’avance pas » cache surtout un besoin d’autorisation à exister différemment.
Conclusion
« Ma thérapie démarre réellement lorsque je deviens thérapeute » (Gaulé, 2019). Lorsque je commence à recevoir des clients, je n’imagine à quel point ils me révèlent et m’invitent à regarder des épisodes de ma vie encore inachevés.
Grâce à Jacques, j’éprouve cette vérité. À travers son « Ça n’avance pas », je rencontre mes limites, mes doutes, mon besoin de contrôle. Et en y prêtant attention, je peux en faire une matière vivante dans mon accompagnement. J’apprends à différer mes élans, à explorer autrement — par le corps, l’imaginaire, le geste symbolique. Mais aussi à faire confiance à la situation. À ralentir. Je peux être thérapeute « suffisamment suffisant » même dans mon imperfection.
Depuis Jacques, dans un souci du bon soin, je reste vigilant à affiner ma posture, à porter une attention plus aiguisée de mon ressenti et à questionner la justesse de mon dévoilement. Le tout au service de la thérapie du client. Agacé à plusieurs reprises, je préfère taire ce sentiment d’agacement. Source d’énergie, il me permet de transcender mon sentiment d’impuissance en allant chercher dans l’expérientiel et en m’appuyant sur ma créativité.
Après 18 mois d’accompagnement, nous avons convenu ensemble de mettre une fin à sa thérapie. Un travail au goût achevé. Aujourd’hui, Jacques s’autorise des séjours solo à la montagne. Toujours avec Lise, Jacques se différencie peu à peu de son couple sans pour autant vouloir le détruire. Plus autonome, il exprime plus clairement son besoin de liberté pour contempler la nature.
Et moi, je me vis moins impuissant. Un peu plus chaque jour…
Bibliographie
Blaize, J. (2017). Ne plus savoir (5e éd.). L’Exprimerie.
Bolgert, C. (2003). Racines, greffes et marcottage. Revue Gestalt (24), 147.
Bounon, L. (2018). Parler du sentiment d’impuissance dans la pratique des soins palliatifs. Cairn, (113).
Francesetti, G. (2016). La psychopathologie dans une perspective de champ [Vidéo]. YouTube. Accès : https://www.youtube.com/watch?v=adewrHIZzTg&t=858s
Ginger, S., & Ginger, A. (1988). La Gestalt : une thérapie du contact. Hommes et groupes.
Kepner, J. (2018). Le corps retrouvé en psychothérapie. L’Exprimerie.
Masquelier – Savatier, C. (2008). Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie. L’Exprimerie.
Masquelier, C., & Masquelier, G. (2012). Le grand livre de la Gestalt. Eyrolles.
Perls, F. (1973). The Gestalt approach and eye witness to therapy. Bantam Books.
Perls, F., Hefferline, R., & Goodman, P. (2001). Gestalt-thérapie. Nouveauté, excitation et développement (Version française de l’édition de 1951). L’Exprimerie.
Robine, J.-M. (2004). S’apparaître à l’occasion de l’autre. L’Exprimerie.
Salathé, N K. (2005). Psychothérapie existentielle. Noël K. Salathé.
Yalom, I. D. (2018). L’art de la thérapie. Le livre de Poche.
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